Affichage des articles dont le libellé est Venetian. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Venetian. Afficher tous les articles

vendredi 16 juillet 2010

Las Vegas Trip III : Cagoule max, le bilan

Voila, c'est terminé. De retour à Paris après 8 jours de folie à Las Vegas. Il est l'heure de tirer un bilan poker. Ce n'est pas cagoule max mais on ne peux pas dire que je run vraiment good. Je finis positif d'un rien [+290 pour être précis] grâce à mon cash dans le 225 Double Stack Turbo du Caesars Palace mais j'ai énormément souffert en cash-game.

Dans cette discipline, je termine à -1400 dollars. Horrible quand vous avez l'impression de dominer la table [des 1-2 et des 1-3]. Au final, je ne fais que deux sessions positives en 8 tentatives. Une session de drunk poker où j'ai livré un pote pour sa dernière soirée en payant son all-in avec 95o pourrait tout de même faire descendre la note à -1250 dollars. Fallait payer l'entrée à l'Hippopotamus :)

Pour le reste, je me suis fait craquer deux fois les As préflop ce qui m'a coûté à chaque fois une cave. Il faut savoir que les joueurs US sont très passifs et qu'à partir d'un moment, ils sont tellement énervés car tu relances trois fois plus que la moyenne qu'ils te payent avec n'importe quoi. C'est bien quand ca tient mais moins marrant quand tu prends l'horreur... J'ai ainsi perdu une cave au Binion's avec QQ payé all-in préflop par A7o qui touche...

Le pire restera ma session au Venetian où j'arrive pour l'ouverture d'une table. Première main je relance AK à 8 dollars et trouve mon flop en position [A94 avec deux carreaux], le suiveur donkbet, je relance pour casser la côte de la couleur. Mon adversaire est cavé short et fait tapis. C'est payé pour voir un brelan de 9. Nice start.

Deuxième main je fais quinte... tout comme à la troisième. J'ai 89 en main et le flop est royal [7TJ]. La suite est moins rose puisque la turn est un roi et la rivière est un 9. Je limite les dégâts sur la rivière mais ca fait toujours plaisir de débuter une session comme ça...

Enfin, au Flamingo, j'ai perdu une cave en poussant mon tapis à la turn avec Flush Draw, tirage quinte par les deux bouts, une paire et une carte vivante. La rivière est une bûche totale [un magnifique 2 de trèfle] et j'ai le plaisir de voir mon adversaire gagner avec top paire no kicker... Nice call sir !

Mauvaises décisions et manque de réussite peuvent faire très mal. Bref, je dois obligatoirement progresser dans la discipline de jeu si je veux être gagnant sur le long terme. Cela ne peut pas être viable de financer les sessions par les gains en tournoi.

Côté tournoi, je suis globalement content de mon jeu. Je vous dresse un tableau des événements auxquels j'ai participé... pour un gain net de 1335 dollars.

O'Sheas - 45 dollars [3k jetons - 20 minutes] - 10e sur 43 [voir le post Beer Pong]
Caesars Palace - 225 dollars [30k jetons - 20 minutes] - 1e sur 178 [voir le post Beer Pong]
Binion's - 100 dollars [10k jetons - 30 minutes] - 29e sur 138 [voir le post Beer Pong]

Caesars Palace - 150 dollars [7,5k jetons - 30 minutes] - 110 sur 160
Je suis sorti par Nicolas qui colle mon push avec une paire et un tirage couleur. J'aurais du tout envoyer au flop mais son call reste très limite selon moi. Il va ensuite jouer à merveille et lui aussi prendre la première place avec un deal final à 4 joueurs où il empoche le deuxième gain. Je touche 350 dollars grâce aux 10% échangés avec lui en début de partie. [voir le post Tourbillon de la win].

Caesars palace - 85 dollars [7k jetons - 20 minutes] - 76 sur 101
Je perds très vite ma première cave et décide de ré-entrer dans le tournoi. Je double ensuite très rapidement mais, au retour de la première pause, je prends deux brelans dans la tête en deux coups consécutifs après avoir relancé préflop puis touché au flop...

Binion's - 100 dollars [10k jetons - 30 minutes] - 14e sur 34
Je perds le coin-flip qui te permets de doubler pour croire à la gagne... ou de sortir. J'ai 77, mon adversaire AJ... Venu avec moi à Downtown, Grégoire joue à merveille après un début difficile, se fait craquer les As par 88 mais ne perd pas les pédales et maîtrise ensuite de bout en bout. Il prend 1150 dollars et me reverse les 10% que l'on avait échangés.


Venetian - 150 dollars [7k jetons - 30 minutes] 112e sur 130
Je fais full à la turn et me commite dans le pot. Mon adversaire trouve un meilleur full à la rivière...

Caesars Palace - 225 dollars [30k jetons - 20 minutes] - 79e sur 97
Je trouve les As pour la troisième fois de la semaine... et je me les faits craquer pour la troisième fois. En face il y a 67 qui trouve son brelan de 6 à une carte à la turn...

La suite reste floue car je n'ai plus accès à FullTilt Poker et toujours aucun compte online Arjelisé. C'est peut être le moment de faire un petit break pour étudier le jeu et lire sur le sujet...

dimanche 7 mars 2010

Las Vegas : L'enfer du dimanche

Fatigue et inattention m'ont été fatales lors des deux dimanche de mon voyage. Dimanche c'est le jour du seigneur, c'est aussi le jour des chattards.

Gros couac au Venetian pour commencer. Place 1, je montre un full face up à la rivière en pensant que mon adversaire a juste call. Il est à la place 9, juste à côté du croupier et il a raisé. Le dealer brûle ma main en deux secondes malgré mon insistance et je n'ai plus que mes yeux pour pleurer... Le gars en face me couvrait largement... Pas grave, j'aime livrer mon prochain...

Je n'appelle pas le floor malgré un pot assez énorme... celui ci me confirmera quelques minutes plus tard que ma main était vivante et que mon adversaire aurait eu une information supplémentaire avant de prendre sa décision en cas de reraise de ma part. Tilt, le coup me reste en tête toute la fin de session. Malgré une heure de jeu ultra-positive au Mirage et un bon passage au Caesars Palace plus tôt dans la soirée, je termine cette session avec un gout amère dans la bouche. Las Vegas et le poker c'est aussi cela, tu passes du rire aux larmes en quelques secondes...

Je me retrouve au plus bas. Financièrement et moralement, il faut encaisser la descente. Je décide donc de jouer serrure max et de n'engager de l'argent que dans des coups sans risque. Comme le risque n'est jamais nul dans ce jeu, je dois me résoudre à tenter d'être toujours devant. Malheureusement comme vous allez le lire, cela ne suffit pas toujours. Loin de là.

Voici donc un florilège des coups perdus lors de ces bloody sunday... des coups qui me font terminer le séjour en négatif et qui démontrent une chose : [which is why playing] poker is clearly [not] a game of skill.

Dimanche 21 mars au Mirage
Un MP ouvre le pot préflop, je triple sa mise avec AKs
Flop 562 rainbow
il check, je pousse all-in pour 200 dollars [n'importe quoi ce moove], il colle
Turn : Brique
River : 7
Il montre 97o

Quelques coups après, recavé -revigoré, j'attaque un coup avec 88. Vilain super loose est encore le seul a payer.
Flop : 936
Je fais all-in, le même me colle et montre 43 en pensant être devant.
Turn : Brique
River : 3
Arf, c'est pas mon jour... mais je recave encore. Autant dire qu'à partir de là je ne m'autorise pas de vol ni rien. Si je bouge c'est que j'ai du lourd... Malheureusement je vais me faire encore retourner préflop avec une paire de Dames crushée par K8. Nice bluff-call sir !

C'est l'heure de bouger au Venetian. Je cave 200 dollars et le gros coup arrive vite.
J'attaque TT en MP, un gars en Blinde paye.
Flop : TKX rainbow
Il bet, je relance et tout part au milieu.
Turn : brique mais un 2e carreau
River : oops, un dernier carreau
Vilain show QJ à carreau... il avait des outs mais la flush backdoor fait pas du bien.

La semaine est plus tranquille ... mercredi soir, les cartes tombent en ma faveur et je refais surface. Plus facile de jouer au poker quand vous connectez au flop... Bref, je reviens à jeu et l'objectif change. Je dois raker 15 heures de CG dans la semaine au Caesars Palace pour obtenir un ticket pour le Weekly Freeroll.

Nous serons finalement 72 au départ pour un tournoi aux rounds de 20 minutes [2500 jetons - chaque membre du top 10 prend 1K dollars]. Après avoir dormi au MGM, j'arrive juste a temps.


Dimanche 28 mars
11 heures du matin. Le tournoi a commencé depuis 4 minutes chrono. Mauvaise surprise en m'asseyant. Juste a ma gauche, un pro ricain d'origine coréenne, Brian.

J'ai croisé ce gars plusieurs fois au Mirage durant la semaine et il joue vraiment bien [bon il est moins efficace quand il est drunk... j'ai partagé une table de nuit avec lui, la table la plus fun de ma vie, jeudi - avec mon pote sam, un autrichien, Brian et un autre reg ricain on a ruiné les touristes en rigolant comme des oufs, a la fin j'en avais mal aux abdos]. A ma droite un afro americain comme on dit la bas et le monsieur a déjà triplé en faisant full river a la deuxième main !

Première main dealée, je reçois AJs et relance de 325 sur blindes 50/100. Brian me colle, SB et BB aussi. flop = 3 briques ... le SB bet, il a surement touché, je fold.... comme tout le monde.

Quelques minutes plus tard, niveau 75/150. Un limpeur, mon voisin de droite fait 400. Me reste 2k que je shove avec AQs. Fold général jusqu'à mon voisin de droite qui a vu que je connaissais l'asiatique et hésite. il compte son argent et il a presque 8k et finit par payer avec 99. Je ne touche pas et je suis out.

Mon bourreau finira dans l'argent. Brian fera la bulle ou presque en terminant 14e. Je dois sortir entre la 55e et la 60e place. Il est temps de retourner jouer en Cash Game... et de perdre la main qui plombe mon séjour.

Epic Fail
Je suis donc assis à cette table 1-2 dollars depuis environ 6 heures. J'ai cavé une première fois à 200 et je suis retombé à 100. J'ai alors remis 300 tandis que la table changeait de physionomie. Un mec ressemblant à Azeveda de The Shield commence à accuser le coup. Il enchaîne les Corona et son jeu devient incontrôlable sous l'effet de l'alcool. Euphorique, le bougre mise par poignée et fait maintenant jouer le rapport de masses. Il a chatté un énorme coup et possède un peu plus de 1000 dollars devant lui.

Dans ma tête , un lumière clignote : "Attendre le bon spot". Il ne vient pas face à cet adversaire mais je monte un tapis jusqu'à 700 dollars. C'est 200 dollars de bénéfice il faut partir... le cerveau primitif [d'un gars fatigué] murmure "Double-up" Double up" "Double up" et je me vois rester à la table. Cela fait maintenant un poil plus de 8 heures que je joue. Azeveda n'a pas encore tout dilapidé. C'est son jour on dirait. Pour ma part je suis descendu à 500. Signe avant coureur de la débandade... que je choisis d'ignorer.

Enfin, je découvre AKs ! Je vais te piéger Azeveda ! Le policier est à ma gauche en fin de parole, je choisis de juste suivre une ouverture light d'UTG. Azeveda ne s'embarrasse pas de détail et lâche sa poignée habituelle. Tout le monde jette jusqu'à UTG qui hésite... me regarde puis jette en ayant l'air de dire "J'espère que tu as le jeu pour lui faire mal". Azeveda vient quand même de balancer 65 dollars...

Je paye juste. Dealer, fais ton office ! Je regarde Azeveda pendant que le croupier retourne les cartes. On dirait qu'il a touché un petit quelque chose. Le flop est affiché et je tourne la tête pour le regarder. Que du bonheur ! AK7. Comme dans un rêve je floppe la double paire max ! Comment jouer ça ? 7-7 en face ? K-K en face? Ça se bouscule dans ma tête et je suis réveillé. J'élimine la paire de Rois car quand il avait un jeu énorme, Azeveda a toujours slowplayé préflop. J'écarte 7-7 aussi car j'ai pas l'impression qu'il ait le brelan. Bref je mise la moitié du pot. Il paye très vite.

Je pense alors qu'il est sur deux paires K7 ou A7. La Turn est une brique qui ne change rien. Je suis devant et il a un jeu donc faut le faire payer. J'envoie une deuxième mise et cette fois il me relance. Ca me laisse pas d'autres choix que de partir à tapis. Il paye et m'annonce deux paires avec A7. Il y a un poil plus de 1K dollars au milieu. Une carte à jouer et je suis devant.
River : 7
Tilt !

dimanche 15 novembre 2009

Las Vegas : Trip report

De retour des USA, je me retrouve avec une montagne de petits moments à raconter. Que dire et comment ? Que passer sous silence ? Généralement, ce qui arrive à Las Vegas y reste, je ne vais pas déroger à la tradition. Je ne vous raconterais donc pas qui s'est broke à la roulette...

Mon trip report sera plus l'occasion de vous faire partager ma joie de jouer dans le même tournoi qu'Allen Cunningham (4e du ME 2006, plus de 10 millions de dollars gains en tournoi...) et de durer plus longtemps que lui ! Où même les quelques minutes passées à une table du Venetian avec un champion du monde de boxe. Sans parler d'Andy Bloch et d'une de ses accompagnatrices qui me dit m'avoir vu à la TV lors de la diffusion de la Table Finale du Main Event des WSOP 2009...

Après 8 jours très intenses où le jour et la nuit se sont mêlés pour former un espèce de rêve, comment le raconter ? Entre le day by day et quelques papiers contenants les meilleurs souvenirs, je suis toujours indécis...

Ne passez pas par la case broke !
Avant de prendre une décision sur le mode de narration, je vais parler finance et sauter de nombreux épisodes pour en arriver à mon dernier coup de poker à Vegas. Un coup qui a stoppé le jeu dans la salle du Caesars Palace pendant 30 minutes ! Voici donc mon bilan jeu pour ce passage à Sin City
- Machine à sous : + 35 dollars
- Roulette : +65 dollars
- Poker : -10 dollars

Un bon poker de tournoi mais pas de réussite
Je me retrouve au Caesars Palace pour ma dernière session avec l'idée de jouer un tournoi et de migrer au Mirage si je n'arrive pas à monter les jetons en CG. En débarquant dans cette room, ma bankroll jeu pour le voyage indique -700 dollars. Mon avion décolle dans 18 heures, il va falloir cravacher pour remonter. Je commence la rage au ventre... mais la tête froide. Presque 9 heures plus tard, j'ai joué deux tournois sans parvenir à entrer dans l'argent (17e sur 71 dans un turbo chatte donkament puis 39e sur 102 d'un 160 dollars avec un JJ all-in préflop callé par QQ sans miracle) et me retrouve à -920 dollars.

Option magique
Malgré un résultat net sans appel, le dernier tournoi m'a mis en confiance. J'entre donc sur la table n°1 du Caesars Palace avec 140 dollars. Les Blindes sont de 1-3 et j'attends le bon spot pour double up. Mon voisin de gauche et celui de droite ont de petits tapis mais jouent beaucoup de mains. Je m'arme de patience et aurais le plaisir de les destacker durant la nuit...

Sans faire un compte rendu exhaustif, je vais m'attarder sur la main qui va me lancer. Après de longues minutes de "foldage", je ne dévie pas de mon plan et ne limpe que le strict minimum. J'ai alors l'idée de poser mon premier Straddle de la soirée. UTG, cette option me permet de récupérer la possibilité d'agir en dernier. Il y a peu d'action jusqu'au bouton qui mise 15 dollars. Une relance plutôt disproportionnée par rapport à la normale où nous nous retrouvons souvent avec 2-3 joueurs pour un raise à 9-11 dollars.

Je vois donc le bouton en mission protection, une paire en main entre 88 et QQ. Me retrouvant seul à parler après le fold des Blindards, je retourne les Rois et pousse All-in. Il paye vite... Sa paire de Valets ne se transformera pas en brelan magique.

Dealer was too fast, too furious : Premier incident
Dès lors, je peux profiter de mon image pour agresser un peu plus et faire tomber mes deux voisins. Je rencontre des Anglais qui se font un tour du monde d'une année et qui se montrent très sympathiques. Le jeu se poursuit, un Coréen qui étudie à UNLV me permet de respirer à plusieurs reprises. Et il le faut, surtout sur les coups de 2 heures du mat' quand Todd vient dealer plus vite qu'Usain Bolt. Le gars met la pression à tous les joueurs pour accélérer et le jeu se dérègle.

Tilt momentané. De 300 je repasse à 160 et, en compagnie de 4 autres joueurs, je lui demande de ralentir la cadence dans les demandes de décision ultra-rapides qu'il nous bombarde. Il refuse et continue sur le même rythme jusqu'à ce que la contestation grandissante (hé mec, t'es la pour faire du rake mais laisse nous jouer !) attire le floor. Aaron me rappelle à l'ordre car je viens de comprendre que le dealer lui raconte que je l'insulte. Je m'explique et lui transcris l'état d'esprit de la moitié de la table en lui rappellant que je n'ai jamais, Ô grand jamais, insulté notre dealer. La question se règle quand Todd change de table. Je poursuis donc mon opération "monte les jetons jusqu'au petit matin" et reviens à jeu pour le séjour quelques minutes avant que les deux dernières 1-3 ne soient mixées.

Sur les coups de 5h30, je prends donc place à une nouvelle table (10 sièges, 7 joueurs). A peine arrivé, un yankee juste à ma gauche, me prend en grippe : il se décrit lui-même comme le "Mean American'. Autant dire que son chapeau de cow-boy lui va à ravir... Bref le monsieur aime me relancer dès que je ne fais que suivre dans un pot et une bataille psychologique s'organise. Elle va prendre fin dans la grosse confusion, sur les coups de 6 heures du mat'.

Dernière main à Vegas
Je découvre KQs' et limpe la blinde. Alors qu'il a la position sur moi, l'Américain poste 15. Il est payé par un joueur mexicain en petit blinde et quand la parole me revient, je poste 45 pour mettre le Mexicain à tapis et imprimer de la force dans son esprit.
Flop : Trois briques, je mise 55. Grosse réflexion de Mean American qui paye mourant.
Turn : Encore une brique. Je fixe mon adversaire et me résout à checker même si je le vois sur hauteur as. J'ai pas osé envoyer un gros deuxième barrel... il checke très rapidement.

River : On se regarde mutuellement pendant deux minutes et je finis par checker, trop peur de perdre gros si proche de la fin. Mean American enchaîne les cocktails et ne semble pas vouloir prendre de décision. Le dealer demande "clock". Il reste 60 secondes. Aaron, le floor, arrive et me fixe direct. Intérieurement, je me dis : pourquoi me regarder, j'ai déjà checké ?! Il décompte et à zéro le croupier s'avance pour bruler ma main. Je gueule plus vite qu'Estelle Denis et l'arrête avant que mes cartes disparaissent au fond du muck. Dans le même temps, Mean American jette ses cartes ! Ca devient confus.

Lorsque le dealer lui rend ses cartes, il dit que ce ne sont pas les bonnes et le ton monte direct. Je demande la video sachant que j'ai checké et que si une main doit être brulée, c'est celle de Mean American qui n'a pas vu qu'il devait annoncer une décision. Le floor est perdu et ne tranche pas, il nous demande de nous entendre ensemble. WTF ?! Il fait n'importe quoi car avec une simple question (did you check sir ?), je lui aurais dit que c'était à mon voisin de gauche de jouer, le coup se serait terminé normalement et je l'aurais probablement perdu à la hauteur. Mais, on dirait bien qu'il avait envie que ce soit moi qui soit sous la menace du "time"...

Je dis donc que c'est le far-west puisqu'il ne veut pas prendre de décision. Lui, il ne cesse de nous demander de nous entendre. Je sais que la vidéo me donnerait raison car non seulement j'ai annoncé mais en plus j'ai tapoté sans équivoque sur la table. De plus, la dernière joueuse explique qu'elle m'a vu et entendu checker. Le temps file, la tension ne tombe pas et le gars a tapis depuis le flop en rajoute une couche. Il demande carrément le tiers de tout ce qui est sur la table ! C'est le seul qui a découvert son jeu (AQ) et le problème n'avance plus.

Après de longues palabres (30 minutes en tout, la dernière 5-5 s'arrête et vient regarder ce qui se passe), on convient de partager le side pot en deux et le pot du gars à tapis en trois. Personne n'aura montré ses cartes au final, et si Mean American me parle de AK, j'ai du mal à y croire et penche pour un as mal accompagné qui n'a rien touché... Dans la foulée, je lâche 35 dollars au short qui était à tapis et me lève en ayant remboursé toutes mes pertes de Vegas. Pour ce qui est du poker, je suis à jeu. Mais bon, c'est pas à l'ACF ou à Wagram que l'on aurait vu ça ! [j'attends vos com' sur cette main, le fait que je ne dise rien alors que le floor me fixe puis le fait qu'il ne décide rien]

Puis, je vais voir le floor pour discuter. J'arrive à lui faire dire qu'il aurait du décider par lui même et ne pas nous laisser régler ça comme si on était dans un vulgaire home-game. Il convient aussi qu'il aurait du me demander clairement si j'avais joué car il n'a pas pensé une seconde que c'était le cow-boy bourré qui avait la main. Il lâche enfin que le dernier joueur ayant mucké, il aurait du me donner le side-pot. Bref ce séjour dans le Nevada se termine dans la confusion la plus totale. Mais, je ne me suis pas broke à Vegas...

Je quitte donc le Caesars Palace pour me reposer quelques heures. Je décolle vers Paris à 13H heure locale mais, revenant à la chambre à 7 heures, je vérifie par acquis de conscience et m'aperçois que je décolle à 9h30 ! Une dernière course contre la montre commence...